Le safe sex lesbien

Peu d’études statistiques sont réellement menées sur la contamination de la population lesbienne par le SIDA.

Pourtant, on ne peut affirmer à 100% qu’il n’existe aucun risque de transmission du VIH lors de rapports sexuels de femme à femme. Ces études sont en fait fort complexes à mener car plusieurs facteurs interfèrent dans les recherches. Une sexualité peut varier ou évoluer tout au long d’un vécu. Une femme peut avoir subie une transfusion sanguine avant 1986 ou être, ou avoir été, usager de drogues par voie intraveineuse.

  Un certain nombre d’enquêtes tendent à démontrer que les femmes homosexuelles se rendent moins régulièrement chez le gynécologue que les femmes hétérosexuelles. Peur de l’homme, refus de l’homme à l’extrême, gêne de rencontrer une femme, questionnement sur l’utilité réelle ?

Pourtant, seul un examen gynécologique préventif permet de pouvoir dépister le plus tôt possible les maladies sexuellement transmissibles (M.S.T), telles que la chlamydia Trachomis, ou le cancer du col de l’utérus. Beaucoup de cancers du col dépistés à un stade avancé auraient pu être éradiqués si ils avaient été dépistés plus tôt par un suivi gynécologique régulier.

Lors de rapports sexuels buccaux tels que le cunnilingus (bouche contre vulve) ou anulingus (bouche contre anus), les risques sont faibles mais tendent à devenir plus risqués si ils sont réalisés en période de menstruations (règles) ou si il existe des lésions dans la bouche d’une des partenaires.

Néanmoins ces pratiques, si elles sont non protégées, peuvent alors transmettre d’autres maladies sexuellement transmissibles comme la chlamydia précédemment citée.

L’échange d’objets sexuels (godemichés, etc.), lors de rapports sexuels est considéré comme une pratique à risque élevé. Dans tous les cas, que les risques soient faibles ou élevés, on ne parle jamais de « risque zéro » et il existe des solutions pour prévenir et éviter tous risques encourus.

Pour les rapports buccaux, la digue dentaire à usage sexuel (carré de latex prédécoupé) est assez difficile à se procurer en pharmacie et à un coût assez élevé (environ 3 francs 50 pièce). Son usage, il est vrai est assez « anti-érotique » par son épaisseur, son aspect peu attirant genre « chiffonnade de latex en sachet plastique individuel » et par son contact plutôt désagréable avec la bouche et la langue.

Par contre, la découpe d’un préservatif dans le sens de la longueur peut s’avérer, s’il est correctement utilisé, être un remplaçant salvateur et tout aussi protecteur contre le VIH et les MST. Le film alimentaire peut également être utilisé à ces fins.

En ce qui concerne les rapports avec usage de jouets sexuels, il est vivement recommandé d’utiliser un godemiché (ou autre) par personne, ou, s’il est partagé, de  penser à mettre un préservatif neuf sur l’objet avant chaque changement de partenaire. Pour les usagers de drogues par voie intraveineuse, l’usage d’un matériel stérile à usage unique est plus que vivement recommandé et surtout, le partage des seringues et à bannir.

Si l’on regarde les statistiques parues début 98, on a dénoté 562 femmes entrées dans la maladie pour 2 186 hommes (sources Sida info service). Ces statistiques ne font pas de distinction entre les diverses sexualités : hétéro, homo, bi, mais portent uniquement sur les genres : femmes ou hommes. Nul ne sait si une ou plusieurs homosexuelles ne se trouvaient pas dans ces 562 femmes, par manque d’études spécifiques ou non-dit des patientes.

Même si l’arrivée de la trithérapie a pu faire choir le nombre de cas diagnostiqués, elle n’est en rien un vaccin contre la maladie. Ne relâchons pas nos efforts, notre attention et notre vigilance. Rappelez-vous qu’il n’existe pas de « risque zéro » alors, protégez-vous.